Le raccordement de l’établissement de santé à la chaufferie biomasse a été acté hier

 

Plus de 25 000 Aixois sont alimentés en chauffage et en eau chaude sanitaire par la chaufferie biomasse, implantée à Encagnane (ce qui n’est pas sans susciter des inquiétudes chez les riverains), gérée par la Métropole et exploitée par Aix-en-Provence Energie Environnement (APEE), filiale d’Engie Cofely. Ce réseau de chaleur urbain de plus de 14 kilomètres – le plus important de la région – est amené à s’étendre : après le centre Montperrin et la Pauliane ces derniers mois, le raccordement de l’hôpital d’Aix a officiellement été acté, hier.

 

Pour Nicolas Estienne, cette démarche se veut « exemplaire, dans une logique de développement durable », souligne le directeur de l’établissement, conscient d’être « un gros pollueur », l’hôpital consommant en énergie l’équivalent de 1000 villas.

 

« Notre impact collectif sur l’environnement nous préoccupe », ajoute Nicolas Estienne, satisfait à travers cette opération d’allier « vertu écologique » et intérêt économique.

 

200 000 € d’économies par an

 

Cette opération devrait en effet lui permettre d’économiser près de 200 000 euros par an. Ce qui, en ces temps de disette pour l’hôpital public, est loin d’être anodin. Le raccordement au réseau de chaleur, qui doit couvrir 100 % des besoins de l’établissement, sera effectif en septembre 2019, ce qui coïncidera avec la livraison du nouveau bâtiment d’hospitalisation de 14 000 m², actuellement en cours de construction. La chaufferie actuelle – qui arrivait en fin de vie et devait être renouvelée – sera conservée, en cas de besoin.

 

« C’est un projet de grande ampleur », insiste Yves Cotten, président d’APEE qui rappelle que cette extension jusqu’au nord de la ville permettra de raccorder, au passage, d’autres clients, notamment le parc Mozart, lequel concentre la plus forte densité de la population aixoise.

 

« Si ce réseau s’étend , reprenait-il, c’est non seulement grâce à la volonté des élus et des opérateurs, mais aussi parce qu’il est performant économiquement ». Agir, à la baisse, sur l’effet de serre et sur la facture de chauffage pour les consommateurs (environ 20 %) : deux arguments mis en avant-hier par Alexandre Gallèse, adjoint au maire d’Aix, également conseiller métropolitain, délégué à la stratégie environnementale et au Plan climat. « Nous avons des objectifs ambitieux, de tels équipements nous aident à les atteindre ». Des ambitions également portées par la Région, qui a contribué au projet de raccordement à hauteur de 680 000 €. Le conseiller régional Philippe Maurizot, en profitait pour rappeler la part conséquente du budget consacrée aux questions environnementales : 20 % en 2018 (soit plus de 400 millions d’euros) et un objectif de 30 % en 2021.

 

À Aix, APEE réfléchit déjà à conquérir d’autres quartiers, comme le Jas-de-Bouffan et la Constance. « Mais nous allons buter sur nos capacités de production . L’enjeu, aujourd’hui, est de trouver de l’énergie renouvelable différente de la chaufferie bois », glissait Yves Cotten, sans dévoiler  davantage sa stratégie industrielle. « En tout cas nous sommes dans cette dynamique ».

 

Source : La provence, 11 décembre 2018, Stéphanie Durand-Vial